la naissance d’un nouveau courant artistique sous Louis XIV : les chinoiseries.

« Menez-moi chez les Portugais :
Nous y verrons à peu de frais
Des marchandises de la Chine :
Nous y verrons de l’ambre gris,
De beaux ouvrages de vernis
Et de la porcelaine fine
De cette contrée divine
Ou plutôt de ce paradis […]1»

Ces vers tirés du poème La Foire de Saint-Germain écrit par le poète Paul Scarron, bien avant la première mission envoyée en Chine par Louis XIV en 1686, exprime le goût des Européens pour les objets Chinois, dès la seconde moitié du XVIIe siècle. C’est en effet au cours du XVIIe siècle que naît le courant des chinoiseries en Europe. Stimulée par la publication de l’ouvrage de Johan Nieuhoff -dont les gravures étaient une source très importante de motifs pour les artistes-, et par l’importation de plus en plus importante d’objets d’art chinois, la production de ces œuvres d’imitation ou d’inspiration chinoise ne cesse de se développer et de se diversifier. En France, les objets de facture chinoise ont énormément de succès et fascinent la cour et les artistes, et de fait, jusqu’au premier quart du XVIIIe siècle, le procédé de fabrication de la porcelaine dure chinoise était inconnu, de même que celui de la laque, ce qui accentuait la fascination que les français et les européens en général avaient pour ces objets.

De fait, dès 1660, le marché parisien est déjà approvisionné en porcelaines et en meubles de laque de Chine et du Japon, grâce notamment à la Compagnie Hollandaise des Indes Orientale qui, dès 1638, avait déjà transporté vers l’Europe, en plus des laques, plus de trois millions de pièces de porcelaine2. L’inventaire des meubles anciens du château de Versailles , commencé en 1666, et l’Inventaire général des meubles de la Couronne, rédigé en 1663, mentionnent déjà des cabinets, coffres et paravents de Chine dans les collections royales3. On peut lire par exemple, parmi les objets cités : « Un cabinet de la Chine à deux portes, sur lesquelles sont représentez quatre oiseaux en l’air, deux lapins et des maisons à la chinoise4 » ou encore «un autre cabinet de la Chine […] avec son pied de bois noircy et doré façon de la Chine »5. LSU Tigers

Nous pouvons noter que ces inventaires indiquent l’ajout de piètements d’origine française à ces meubles. L’ajout de ces éléments peut s’expliquer par le fait que tout au long du XVIIè siècle, et encore jusqu’au XIXème siècle, la Chine et sa culture restaient extrêmement mystérieuses pour les européens. Il était difficile d’appréhender les motifs et les formes des objets importés, autrement que par un regard totalement européen, sans aucun élément permettant de les expliquer d’une autre manière qu’avec des connaissances et des réflexes occidentaux. C’est pourquoi, très tôt, les français, et les européens en général, ont dénaturé des objets dont ils ne connaissaient pas la fonction ni la nature, en leur appliquant leurs propres codes. De là sont nées les chinoiseries.

Détail du Portrait de Madame de Montespan, peint par Henri Gascard.

Détail du Portrait de Madame de Montespan, peint par Henri Gascard.

On peut apercevoir ce type de meuble à piètement sur le tableau représentant Madame de Montespan posant devant la galerie de son château de Clagny, peint entre 1675 et 1685. En arrière plan figurent deux cabinets de laque, posé sur un piètement doré et richement ouvragés. Par ailleurs, on peut aussi observer, posés au sommet de ces œuvres, de nombreuses porcelaines chinoises. Outre les objets de laque, les français montraient également un intérêt particulier aux porcelaines importées de Chine. Les exemplaires rapportés très tôt, entre le XIVe et le Xve siècle, ne sont pas conservés dans leur état d’origine : ici aussi, ils ont été enrichis de montures d’or ou d’argent, ou bien été adaptés à l’usage européen, avec une addition de becs verseurs ou d’anses.

Les pièces de porcelaine « qinbai », aux décors bleu et blanc, importées de Chine, sont très prisées. Louis XIII et Richelieu aimaient déjà à s’entourer de ces objets : l’inventaire après décès du cardinal mentionne près de 400 pièces de porcelaine. Huston Street Baseball Jersey De la même manière, Mazarin, grand amateur d’art, possédait lui aussi ses propres pièces de porcelaine. Le Duc du Maine, fils de Louis XIV et grand passionné de l’Extrême-Orient (Voir article consacré au duc du Maine : le duc du Maine, le Prince qui était fasciné par l’Extrême-Orient) avait installé en son domaine de Sceaux un cabinet de porcelaines de Chine et du Japon. Nous pouvons encore citer Monsieur, Philippe de France, ou même son fils, Philippe d’Orléans, qui étaient de véritables amateurs des céramiques chinoises. Dans l’inventaire après décès du régent, datant du 10 mars 1724, sont citées de nombreuses pièces de porcelaine, ainsi que des pièces de la Chine peintes dans le goût du Japon et marquées des armes d’Orléans, ou encore de la « porcelaine des Indes peinte en Hollande et les pièces fabriquées à Saint-Cloud 6». De nombreux cabinets spécialement destinés à exposer ces céramiques ont prit place dans les palais et hôtels particuliers, à l’exemple des deux appartement « à la chinoise » édifiés à la demande du Dauphin Louis de France (1661-1711) au château de Meudon, et où ses collections de porcelaines étaient exposées dans des meubles dessinés par André Boulle. En les visitant, l’ambassadeur au Siam, Donneau de Vizé, fit ce commentaire :

Les Indes étaient plus dans ce cabinet que dans les Indes mêmes puisqu’on y voyait l’élite de tout ce qu’elles peuvent avoir jamais eu de plus beau7

L’engouement pour la Chine et sa porcelaine se traduit, à la fin des années 1660, jusque dans les jardins de Versailles, où Louis XIV fait édifier le Trianon de Porcelaine, dès 1668. Il s’agissait alors d’un édifice recouvert de faïences provenant de Delft, de Lisieux et de la vallée d’Auge, au décor de bleu et de blanc. Le toit était alors entièrement décoré de tuiles de faïence, tandis que la balustrade et les deux niveaux du toit étaient décorés d’urnes en faïence en bleu et blanc, entrecoupés de petits amours dorés. Le thème du bleu et blanc, , les couleurs des porcelaines de Chine, se poursuit sur la façade .

Le Trianon de Porcelaine,

Le Trianon de Porcelaine,

L’édifice a probablement été inspiré par la tour de Nankin, dite aussi « Tour de porcelaine »,. Une gravure la représentant est par ailleurs présente dans l’ouvrage de Johan Nieuhoff, et on suppose qu’elle fût la principale source d’inspiration pour la réalisation de cet édifice. Néanmoins, c’est avant tout pour le parement à l’imitation de la porcelaine que le Trianon construit par louis XIV se rattache à la pagode chinoise, car on ne peut que constater que la structure architecturale du pavillon Versaillais est quant à elle tout à fait dans le style français, avec son ordre dorique massif et son toit à la Mansart.

Tour de Nankin, gravure tirée de l'ouvrage de Johan Nieuhoff.

Tour de Nankin, gravure tirée de l’ouvrage de Johan Nieuhoff.

L’élaboration du Trianon de Porcelaine avait donc nécessité l’utilisation de faïence décorée de bleu et de blanc, dont l’aspect imitait superficiellement les qinbai chinois. Depuis les premières porcelaines apparues en Europe, dès le XIIIe siècle, les européens n’ont eu de cesse que de vouloir reproduire ce matériau.

Le premier exemple de porcelaine à pâte tendre européenne remonte au XVIe siècle, avec la fabrication de pièce à l’aide d’une pâte composée d’un mélange de kaolin impur, de chaux et de sable blanc avec un fondant et du cristal de roche broyé. Mens Air Jordan 1 Cette recette florentine permettait d’obtenir des céramiques au rendu translucide appréciable, mais loin des caractéristiques des porcelaines chinoises. Cependant, la fabrication des « porcelaines » florentine s’arrête à la fin du XVIe siècle, et ce n’est qu’au cours du règne de Louis XIV que de nouveau des Européens se mettent à produire des porcelaines de pâte tendre.

La volonté de créer de la porcelaine se manifeste très vite en France, notamment avec la création d’une manufacture à Rouen, sous la direction des frères Poterat, et de la manufacture de céramique de Saint-Cloud, en 1675, sous la protection de Monsieur, frère du roi. Les deux fabriques possédaient chacune leur propre formule. La mise au point d’une porcelaine de pâte tendre, dont l’aspect s’approchait fortement de la porcelaine à pâte dure chinoise, sans pour autant égaler sa finesse, a permis aux français de créer leurs propres modèles, d’abord inspirés des céramiques extrêmes-orientales avec des exemplaires « en bleu », « en blanc » et en « doré », puis petit à petit aux formes nouvelles, le plus souvent inspirées de l’orfèvrerie, et destinées avant tout à la table.

Vase en pâte-tendre de la manufacture de Saint-Cloud, à décor imitant les porcelaines chinoises. Début XVIIIe siècle. RMN.

Vase en pâte-tendre de la manufacture de Saint-Cloud, à décor imitant les porcelaines chinoises. Début XVIIIe siècle. RMN.

L’influence des arts chinois, si elle est bien réelle, reste tout de même limitée aux seuls arts décoratifs en France comme en Europe. De fait, pour ce qui est du domaine de la peinture, de la sculpture ou encore de l’architecture, les arts chinois n’ont eu aucune influence technique durant le XVIIe siècle et une grande partie du XVIIIe siècle. C’est avant tout dû au fait que les européens n’étaient pas réceptifs à l’esthétique ni à la technique chinoises dans ces domaines. Se considérant maîtres de la « grande » peinture, du « grand genre », les Européens considéraient par exemple la peinture chinoise, pourtant au sommet de la hiérarchie des arts en Chine, avec dédain. Matteo Ricci écrivait dans son journal :

Ils ne savent pas peindre à l’huile ni mettre des ombres. Toutes leurs peintures sont mortes et sans aucune vie8

Ces quelques lignes sont éloquentes et renseignent assez bien sur la manière dont l’esthétique de la peinture chinoise était perçue par les européens, tant elle était foncièrement différente des considérations esthétiques de la peinture européenne à cette époque. Il en est de même pour la sculpture, ainsi que pour l’architecture, car excepté le Trianon de Porcelaine, ces domaines de l’art chinois sont totalement mis de côté par les français, et ce n’est qu’au cours du XVIIIe siècle que des européens commencèrent à édifier de petits édifices d’influence chinoise, principalement dans les jardins, à l’exemple de la maison de thé chinoise conçue pour Frédéric le Grand au château de Sans-Souci de Potsdam, entre 1754 et 1757, ou encore la pagode « chinoise » construite dans le jardin du domaine de Chanteloup, près d’Amboise, en 1755 pour le duc de Choiseul

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Cependant, même dans le domaine des arts-décoratifs, si les artistes et artisans cherchent à imiter des techniques de création dont ils ignorent encore les secrets, à l’instar de la porcelaine ou de la laque, et s’inspirent des décors ornementaux, l’esthétique des objets d’art français influencés par les arts chinois répond avant tout aux goûts français. Ainsi, avec ces quelques exemples, nous pouvons constater un réel intérêt de la part des occidentaux pour les arts extrêmes-orientaux et plus particulièrement chinois et progressivement, les chinoiseries sont de moins en moins des tentatives d’imitation, et deviennent d’avantage le résultat d’un véritable travail de composition basé sur le thème de la Chine. En témoigne la confection, vers 1690, de la Première Tenture Chinoise. Il s’agit là du premier objet d’art à sujet chinois jamais réalisé en France par des artistes français9. De fait, jamais une œuvre réalisée par des artistes français n’avait pris pour sujet la Chine elle-même. Inspirée par les objets importés et les récits des voyageurs, cette série de tapisseries remporte un très grand succès puisqu’elle est de très nombreuses fois reproduite jusque dans les années 1730.

Première Tenture chinoise, la Collation.

Première Tenture chinoise, la Collation.

Les années 1680 marquent donc un tournant dans l’évolution du goût chinois en France. Les différentes ambassades que nous avons évoquées précédemment, ainsi que l’envoi de la mission jésuite en Chine, rapprochent les deux pays grâce à un autre lien que celui des marchandises exportés, et redonnent une vigueur à l’intérêt des français pour le pays de Kangxi. La Première Tenture Chinoise illustre ce nouveau dialogue culturel. Marcus Mariota – Oregon Ducks On ne peut pas parler d’une influence artistique de la Chine dans le contexte de cette œuvre : le style est pleinement français. Néanmoins, la volonté de représenter la Chine, et de s’approprier certains de ces codes culturels, établit un lien entre les deux pays, et amène, d’une certaine manière, les artistes à s’approprier ces codes, et à se positionner par rapport à eux. En effet, les scènes représentées dans cette série sont inspirées par les récits des voyageurs, et sont nourries en partie des connaissances dont disposaient les artistes qui l’ont réalisée. C’est donc le résultat de ces nouvelles informations parvenues en France à cette époque. Néanmoins, chaque scène présente également une partie totalement imaginée, les artistes ont représenté le pays tel qu’ils l’imaginaient, ou du moins tel que l’imaginaire collectif l’entrevoyait à travers récits et objets exotiques. Le dialogue est donc présent, et même visible, sur cette œuvre, la confrontation aussi, avec des éléments tant chinois qu’européens.

L’influence des arts Occidentaux en Chine :

Tandis qu’en France on adapte des morceaux de laques sur des meubles en ébènes, on imite la porcelaine par de la faïence en bleu et blanc, et qu’on socle les céramiques d’armatures d’or ou d’argent, en Chine on adopte les techniques de la peinture à l’huile et de la gravure sur cuivre, jusqu’alors inusitées10. Cette adoption des techniques offre donc de nouvelles perspectives artistiques. En France, une nouvelle forme de céramique voit le jour, et toute une catégorie des arts décoratifs est due à l’influence chinoise. En Chine, la présence des peintres missionnaires Européens à la cour impériale donne naissance à une nouvelle école de peinture dont le chef de file est Giuseppe Castiglione, que nous avons déjà évoqué. L’influence occidentale dans les arts chinois, notamment dans la peinture, est particulièrement visible dans l’apport de la mise en valeur de l’ombre et de la lumière dans les représentations, et de la perspective, ainsi que dans la priorité donnée à la représentation d’évènements contemporains, ce qui était peu le cas avant11.

Qazaq présentant en tribut leurs chevaux à l'empereur Qianlong, peinture réalisée par Giuseppe Castiglione en 1757, encre et couleurs sur soie. Guimet

Qazaq présentant en tribut leurs chevaux à l’empereur Qianlong, peinture réalisée par Giuseppe Castiglione en 1757, encre et couleurs sur soie. Guimet

 

Plus que d’une influence, on peut même parler d’un métissage dans le cas des peintures de Giuseppe Castiglione : il apporte au dessin des lignes tracées à l’encre et aux sujets traditionnels des peintures chinoises, qu’il conserve, le modelé européen et la perspective de la peinture occidentale, il associe tradition chinoise et européenne. C’est visible sur des œuvres célèbres du peintre, comme Qazak offrant des chevaux à l’empereur Qianlong, conservée au Musée des Arts Asiatiques Guimet, à Paris. Cette manière de peindre se retrouve dans les œuvres d’autres peintres chinois. Il suffit de contempler l’oeuvre du peintre Zhang Weibang, La gloire du Nouvel An, une peinture sur soie conservée au Musée du Palais de Pékin, pour se rendre compte de ce mélange de technique.

La splendeur du Nouvel An, peinture réalisée par Zhang Weibang sous la dynastie des Qing (1644-1911), encre et couleurs sur soie

La splendeur du Nouvel An, peinture réalisée par Zhang Weibang sous la dynastie des Qing (1644-1911), encre et couleurs sur soie

Cependant, dans ce dialogue des styles, l’incompréhension demeure aussi en Orient, et les œuvres occidentales ne sont pas toujours bien perçues. New Balance 1300 mujer Zou Yigui (1686–1772), un peintre illustre de la dynastie des Qing, écrit dans son traité Shanshui Huapu :

Les Occidentaux sont doués pour la géométrie. Ils mesurent avec précision l’ombre et la lumière, le premier plan et l’arrière plan… Dans leurs œuvres, les objets sont mesurés avec une équerre, de façon à réduire leur taille en fonction de la distance. Les gens auraient presque envie de se promener dans les maisons et les murs qu’ils ont peints […] bien qu’exécutées avec méticulosité, leurs œuvres sont des travaux d’artisans et ne peuvent être considérées comme des peintures12

Ce type de considérations, que les européens avaient aussi, démontrent les limites des échanges interculturels entre la France et la Chine. Les relations sont encore trop ténues, et les informations trop éparses pour permettre aux deux nations de se connaître et de se comprendre pleinement. Il faut aussi prendre en compte le paramètre de l’espace-temps : plusieurs années de voyage étaient nécessaires pour relier la France à la Chine : il avait fallu un peu plus de deux ans aux missionnaires français envoyés par Louis XIV, pour arriver jusqu’à Pékin. De plus, l’espace parcouru durant ce temps-là ne peut pas être considéré comme étant « neutre », les différentes escales accomplies par les voyageurs sont autant d’influences culturelles en plus, pouvant se mélanger à leur bagage de connaissances . Enfin, ce temps de trajet implique nécessairement un retard des informations, ainsi qu’un retard culturel pouvant engendrer un décalage non négligeable, qu’il faut prendre en considération pour l’étude des relations culturelles à cette époque. Oklahoma Sooners Ce décalage est visible, par exemple, dans certaines scènes de la Première Tenture Chinoise, où l’on peut noter certains anachronismes dus à la rareté des sources d’informations et à leur ancienneté13.

Il convient de noter que cette notion de mélange, de métissage, ne définit qu’une infime partie des paramètres culturels des deux pays. D’un point de vue artistique, les influences réciproques ne touchent qu’une partie des domaines artistiques – la céramique, le mobilier, la tapisserie, et les arts décoratifs en général, ainsi qu’une partie de l’architecture en France, la peinture, la gravure, et l’architecture en Chine – sans pour autant impliquer les autres, preuve que si une interpénétration culturelle est bien tangible dès le XVIIe siècle, elle reste cependant marginale. On peut tout de même noter que, outre les objets d’arts, l’Empire du Milieu exerce une influence sur les pensées. En 1702, le premier volume14 des Lettres édifiantes et curieuses de Chine par des missionnaires jésuites, publié par le père Charles Le Gobien, est une source d’information sans précédent pour les intellectuels français. Le fonctionnement de l’empire, son système politique, ses écoles de pensée, son histoire y sont décrits, et sont autant de supports de questionnement, de réflexion sur le modèle politique et religieux européen. Les philosophes des Lumières, à l’instar de Montesquieu, Voltaire ou Rousseau, sont influencés par les nouvelles idées véhiculées par les voyageurs et les missionnaires. Les idées des Lumières, qui caractérisent le XVIIIe siècle, ont été nourries en partie du modèle chinois et de cette nouvelle ouverture sur le monde.

Notes :

1 Paul Scarron (1610-1660), la Foire de Saint-Germain. Nike Air Max 2017 Dames zwart

2Dawn Jacobson, Chinoiseries, 1993, p. 27 .

3Jules Guiffrey, Inventaire général du mobilier de la couronne sous Louis xiv (1663-1715), Paris, 1885, volume 2.

4Jules Guiffrey, op.cit., volume 2, p.133

5Jules Guiffrey, op.cit., volume 2, p.134

6Cité par Madeleine Jarry, Chinoiseries, 1976, p 63.

7Cité par Madeleine Jarry, op.cit. 1976, p 63.

8Cité par Danielle Elisseeff, Chinese influence in France, Sixteenth to Eighteenth Centuries, in Lee Thomas, China and Europe-images and influences in Sixteenth Centuries, Hong-Kong, 1991, p. 235-243.

9Madeleine Jarry, Chinoiseries : le rayonnement du goût chinois sur les arts décoratifs des XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, 1681.

10Trois mille ans de peinture chinoise, 2003, p.284.

11Idem, 2003, p. Nike Free Run Mens Shoes
284.

12Idem, 2003, p.285.

13Voir iconographie, p.54.

14Les Lettres édifiantes et curieuses de Chine par des missionnaires jésuites sont une compilation des lettres envoyées entre 1702 et 1776, par des missionnaires jésuites en Europe, répartie en 34 volumes.

Pour aller plus loin :

BELEVITCH-STANKEVITCH (Hélène), Le goût chinois en France au temps de Louis XIV, Paris, 1910.

CORDIER (Henri), La Chine en France au XVIIIe siècle, Paris, 1910.

ELISSEEFF-POISLE (Danielle), « Chinese influence in France, Sixteenth to Eighteenth Centuries », Lee Thomas, China and Europe-images and influences in Sixteenth Centuries, Hong-Kong, 1991, p. 235-243.

ETIEMBLE (René), L’Europe chinoise 1, De l’Empire romain à Leibniz, Paris, 1988.

ETIEMBLE (René), L’Europe chinoise 2, de la sinophilie à la sinophobie, Paris, Paris, 1989.

HONOUR (Hugh), Chinoiserie, The vision of Cathay, Londres, 1961.

JACOBSON (Dawn), Chinoiseries, Londres, 1993.

JARRY (Madeleine), Chinoiseries : le rayonnement du goût chinois sur les arts décoratifs des

XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, 1981.

JARRY (Madeleine), Chinoiseries à la mode de Beauvais, in Plaisirs de France, N°429, mai 1975.

JARRY (Madeleine), L’exotisme dans l’art décoratif français au temps de Louis XIV, Bulletin de la Société d’Etude du XVIIe siècle, 1957.

LEDDEROSE (Lothar), « Chinese Influence on European Art, Sixteenth to Eighteenth centuries», Lee Thomas, China and Europe-images and influence in Sixteenth Centuries, Hong-Kong, 1991, P. 221-235.

LEROY (P.), « Notes sur les relations artistiques entre la France et la Chine aux XVIIe et XVIIIe siècles », Réunion de la société des Beaux-arts des départements, 1900, p. 413-430.

SITU (Shuang), De l’influence de la Chine dans la décoration et l’iconographie en France à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle, Paris, 1991.

SPENCE (Jonathan), La Chine imaginaire : la Chine vue par les Occidentaux, de Marco Polo à nos jours, Montréal, 2000.

WOLSVESPERGES (Thibaut), « Le Mobilier en laque oriental à la cour de Louis XIV », Emmanuel Coquery, Rinceaux & Figures, L’Ornement en France au XVIIᵉ siècle, 2005, p. 156-167.

WOLSVESPERGES (Thibaut), « Sources de la chinoiserie en France sous Louis XIV et la Régence, l’exemple de la Première Tenture de la Chine », Pagodes et dragons, Exotisme et fantaisie dans l’Europe rococo, 1720-1770, (Paris, Musée Cernuschi, février 2007-juin 2007), cat. Expo., Paris, 2007.

Histoire de la porcelaine, dir. Paul Atterbury, Paris, 1984.

Catalogues d’exposition :

China und Europa, Chinaverständnis und Chinamode im 17. und 18. Jahrhunder (Berlin, Schloss Charlottenburg, septembre 1973 – novembre 1973), cat. Expo., Berlin, 1973.

Chinoiseries (Musée communal de Woluwe-Saint-Lambert, Centre Albert Marinus, octobre 2009 – janvier 2010), cat. Expo., Centre Albert Marinus – Woluwe-Saint-Lambert, 2009.

La Cité interdite au Louvre, empereurs de Chine et rois de France, (Paris, Musée du Louvre, septembre 2011-janvier 2012), cat. expo., Paris, 2011.

Exotisme et tapisserie au XVIIIe siècle : Aubusson (Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, Centre Culturel et Artistique Jean-Lurçat, juin 1983-octobre 1983), cat.

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